Dans un crédit privé, les “assurances” sont des protections optionnelles (parfois fortement proposées) qui servent à éviter que le crédit devienne ingérable si tu as un accident de vie. En pratique, il y a surtout 2 grandes familles : l’assurance emprunteur (décès / invalidité / incapacité) et l’assurance perte d’emploi (plus rare, plus restrictive). À côté, il y a aussi des “assurances” qui ne sont pas des assurances au sens strict (ex. frais, garanties, services).
Voici comment ça fonctionne, point par point.
1) À quel moment on te propose une assurance ?
Deux cas courants
- Au moment de la demande : l’organisme prêteur te propose un “pack” assurance + crédit.
- Après accord de principe : on te fait signer l’assurance en même temps que le contrat de crédit.
👉 Dans le crédit privé, l’assurance est souvent facultative. Mais elle peut être “très incitée” (discours commercial) car elle augmente la sécurité… et aussi la marge.
2) Quelles garanties existent (et ce que ça couvre vraiment) ?
A) Décès (quasi toujours la base)
- Si l’emprunteur décède : l’assureur rembourse le solde restant dû au prêteur.
- Objectif : ne pas laisser la dette aux héritiers (selon les règles et le montage).
À vérifier : couverture à 100% ou partielle (en co-emprunt), exclusions (suicide la première année, risques spécifiques, etc.).
B) Invalidité (permanente, partielle ou totale)
- Si tu es reconnu invalide selon les critères du contrat : l’assurance peut rembourser tout ou partie des mensualités ou du solde.
Le piège n°1 : la définition de l’invalidité (barème, médecin-conseil, taux minimal, activité “toute profession” vs “ta profession”).
C) Incapacité de travail (arrêt maladie / accident)
- Si tu es en arrêt de travail : l’assurance prend en charge les mensualités après :
- un délai de carence (période au début où tu n’es pas couvert) et/ou
- une franchise (ex. l’assureur commence à payer après 30/60/90 jours d’arrêt).
Le piège n°2 : tu peux payer pendant 2–3 mois avant que l’assurance ne commence à couvrir.
D) Perte d’emploi (optionnelle, conditions serrées)
- Souvent limitée aux salariés en CDI (pas indépendants, pas CDD, pas démission).
- Indemnisation partielle et plafonnée (durée max, nombre de sinistres max, délais d’attente).
Le piège n°3 : c’est la garantie avec le plus de refus en pratique si ton cas ne colle pas parfaitement aux critères.
3) Comment l’assurance “paye” : forfaitaire vs indemnitaire
C’est un point clé.
- Forfaitaire : l’assurance paie la mensualité prévue (ou un % fixe), même si tes revenus baissent “différemment”.
- Indemnitaire : l’assurance paie selon la perte réelle de revenus (souvent moins généreux / plus complexe).
👉 En crédit privé, on voit souvent des formules forfaitaires sur l’incapacité, mais ça dépend totalement des contrats.
4) Le coût : comment c’est calculé et comment tu le payes
Calcul du prix
Le tarif dépend notamment de :
- âge,
- montant + durée,
- garanties choisies,
- profession (risque),
- santé / antécédents,
- statut (salarié/indépendant) pour la perte d’emploi.
Paiement
- soit une prime mensuelle ajoutée à la mensualité du crédit,
- soit une prime intégrée au calcul du financement (selon montage).
Point important : si l’assurance est ajoutée, compare toujours :
- le montant total à rembourser avec et sans assurance,
- et le TAEG/effet sur le coût total.
5) L’acceptation médicale : ce qu’on te demande
Selon montant/âge/garanties :
- questionnaire santé simple, ou
- questionnaire détaillé + examens.
L’assureur peut :
- accepter standard,
- accepter avec surprime,
- accepter avec exclusions (dos, psy, etc.),
- refuser.
👉 Beaucoup de litiges viennent des déclarations : si tu omets un élément important, l’assurance peut contester la prise en charge.
6) Les exclusions et limites les plus fréquentes
À lire noir sur blanc (les gens sautent cette étape) :
- maladies/affections préexistantes,
- troubles psy,
- lombalgies / cervicalgies,
- sports à risque,
- alcool / stupéfiants,
- actes intentionnels,
- périodes d’attente (carence) et franchises,
- plafonds : montant max par mois, durée max d’indemnisation.
7) En cas de coup dur : le parcours “sinistre”
- Déclaration (souvent rapide, mais dossier exigeant).
- Justificatifs (certificats, rapports, décisions AI/assurance, attestations employeur).
- Analyse par médecin-conseil / gestionnaire.
- Paiement au prêteur la plupart du temps (pas à toi), selon modalités.
Très important : pendant l’analyse, tu peux rester tenu de payer. D’où l’intérêt de connaître les délais/franchises.
8) Est-ce que ça vaut le coup dans un crédit privé ?
Ça dépend de ton profil.
Souvent pertinent si :
- tu as une famille / un co-emprunteur à protéger,
- tu as peu d’épargne de sécurité,
- ton budget est tendu,
- tu es dans un métier à risque physique,
- la durée est longue.
Souvent moins pertinent si :
- tu as une grosse épargne,
- tu as déjà une couverture solide via employeur/assurances (indemnités journalières, LAA, LPP),
- tu es indépendant (la perte d’emploi sert rarement),
- le contrat est bourré d’exclusions / franchises longues.
9) Les bons réflexes avant de signer
Checklist rapide :
- Quelles garanties exactes ? (décès / incapacité / invalidité / chômage)
- Carence + franchise = combien de jours ?
- Forfaitaire ou indemnitaire ?
- Exclusions majeures ?
- Plafond mensuel et durée max d’indemnisation ?
- En cas de sinistre, qui est payé ? (prêteur vs toi)
- Coût total “assurance incluse” sur toute la durée.
Lire https://multicredit.ch/fr/assurance-credit-se-poser-les-bonnes-questions/ pour en savoir plus !

